« The Corridor, son deuxième album, est venu d’on ne sait où (c’est un autoproduit, en marge des circuits de promotion habituels) et il semble avoir fait un très long voyage avant d’arriver jusqu’à nos oreilles. Au début de l’album, on se croit en terrain connu, quoique labyrinthique : ces guitares de ferraille humide, cette voix de rocaille, c’est le delta du Mississippi, c’est le vieux blues mythique. Mais progressivement la musique de Youri Blow s’en éloigne, elle ralentit et s’élève entre deux eaux, dans des zones plus éthérées que terriennes.
En milieu d’album, après le morceau The Corridor, justement, c’est encore autre chose : on entend des violons lancinants, du chant de gorge profonde, de la guimbarde vietnamienne, une musique intense et envoûtante, étrange et dérivante, le son des confins. Le Mississippi n’est plus qu’un souvenir, le ciel de traîne dans le dos d’un musicien troubadour, que ses rêves ont fini par mener au bord du lac Khövsgöl, en Mongolie. »
(Stéphane Deschamps - Les Inrocks N°762)